Peuples
et Musique au Cinéma 2002
Jeudi 14
novembre
Cinémathèque 16h30
Étrange conférence sur les ailleurs musicaux de Claude Sicre. Entrée libre.
Cinémathèque 18h30 Me and my Guitar, évocation de Jessie Mae Hemphill Marc Oriol, 2002, France. 52 min. Où il est question
du blues, par l’évocation de la personnalité et de la musique de Jessie
Mae Hemphill, artiste originale et unique, aujourd’hui recluse dans
son mobil home de Como, Mississippi. Par l’image, la poésie et la musique,
Me and my Guitar nous entraîne en une rêverie / réflexion dans l’univers
d’une musique qui a marqué le siècle et irrigué la culture populaire
d’aujourd’hui.
Ali Farka Touré : ça coule de source Yves Billon & Henry Lecomte, 2000,
France. 52 mn De la guitare électrique
au petit violon monocorde des paysans songhays, l’art d’Ali Farka Touré
est multiforme. Une caméra très mobile suit le premier africain à avoir
reçu un Grammy Award. De concerts à Bamako aux cultes de possession
dédiés aux « Génies du fleuve », en passant par les campements touaregs
ou la ville mystérieuse de Tombouctou, nous découvrons, à la fois, avec
le seul commentaire d’Ali lui-même, la splendide région de la boucle
du Niger et un individu remarquable, qui concilie une carrière de musicien
international et de cultivateur dans son village.
Cinémathèque 20h30
Ballade indienne, itinéraire chez les Bauls Jean-Marie Peuvrel, 2001, France. 100 mn. Chants sous-titrés en français. Un film sans commentaire
qui nous permet de découvrir différents aspects de la culture indienne
par le chant. Un voyage, onirique et spirituel, depuis le Bengale occidental
à travers les villages indiens jusqu’à Bénarès avec pour guides Anando
Gopal Das et Uma Rani Das, des Bauls, ces « fous chantants », ces mendiants
sacrés qui chantent au gré de leurs errances leur vie en marge de la
société indienne, leurs critiques parfois virulentes de l’ordre social
dominant, leur quête spirituelle délivrée des liturgies compassées.
De l’aube au crépuscule, nous dit Jean-Marie Peuvrel, le Baul traditionnel
vit dans la musique, une musique qui est celle de sa dévotion et de
sa liberté.
Vendredi 15 novembreCinémathèque 16h30 Chulas fronteras Les Blank, 1976. États-Unis. 58 min. V.O. intégrale. Séquences en espagnol sous-titrées en anglais
et vice-versa. La musique et les
chants qui accompagnent les chicanos tout le long de la frontière mexico-américaine,
dans leurs pérégrinations pour trouver du travail, suivant le rythme
et le lieu des récoltes. Travail quotidien, intégration culturelle et
linguistique, histoires d’amours, de bandits héroïques ou révolutionnaires,
peuplent ces différents genres musicaux que sont les Corridos, Conjuto,
Tejano et Rancheras, liens culturels et communautaires, d’identité et
de partage, pour ces nombreux ouvriers agricoles mexicains qui tentent
de trouver leur place le long de la frontière.
Del Mero Corazon Les Blank, 1979. États-Unis. 29 min. V.O. intégrale. Séquences en espagnol sous-titrées en anglais
et vice-versa. Dans la continuité
de Chulas fronteras, ce court métrage pour montrer dans quel contexte
ces pratiques musicales propres aux chicanos se sont développées pour
donner naissance aujourd’hui à des genres musicaux tels que la nortena
que l’on peut entendre sur les nombreuses radios commerciales hispaniques
à travers les USA.
Débat en présence de Olga A. Garcia Echeverria Poétesse chicana.
Cinémathèque 18h30 Ama Jean-Pierre Grasset, 2000. France. 52 mn. Prenant le prétexte
de Ama, spectacle en gestation de Jean-Mixel Bedaxagar, ce documentaire
nous fait entrer dans l’univers culturel de la Soule, spécialement dans
l’univers de son art vocal. La Soule est la plus pauvres des sept provinces
basques. Mais, les souletins font un effort démesuré pour leur culture.
Il ne s’agit pas d’une culture musée, il s’agit d’une tradition en marche
qui produit chaque année de nouvelles œuvres, parfois innovantes, toujours
enracinées. Pays de bergers, c’est toute la montagne, ce sont tous les
villages qui chantent.
Polyphonies éthiopiennes, chants Dokos/chants
Hararis Samson Giorgis & Guillaume Terver,
2001. Éthiopie. 55 mn. Les chants sont un
formidable média pour diffuser l’information, la culture et ne pas perdre
la mémoire. Les chants sont dans chaque moment de la vie des femmes
harari et des agriculteurs doko, ils rythment leur vie. Et ces polyphonies
nous ouvrent à la pluralité et la richesse d’un peuple que nos œillères
occidentales réduisent un peu vite à la sécheresse et au RasTafari.
Un film qui revient sur « les ailleurs oubliés de nos projecteurs »
pour reprendre l’expression de Claude Sicre. La musique pour entendre
qu’entre Harari et Doko, il y a autant de points communs qu’entre Basques
et Bretons.
Cinémathèque 20h45 Le salon de musique (Jalsaghar) / (Petite
salle) Satyajit Ray, 1958. Inde.
110 mn. V.O. sous-titrée en français. « On pense à India
Song, à l’admirable travail du volume sonore réalisé par Marguerite
Duras. Et en même temps, ce qui fait la très grande différence du film
indien, c’est que là où Duras joue sur le velours d’un scénario exotique
et d’une exténuation du corps théâtral qui lui permettent de donner
libre cours à l’épanchement de la musique et à l’effervescence du texte
traversé par une fantasmatique nomade, Satyajit Ray travaille, sur le
terrain de sa culture, des éléments qui lui résistent autrement, et
qui travaillent aussi son cinéma conflictuellement. Ce n’est pas de
la musique indienne qu’on écoute ici, mais un jeu de distribution de
sonorités, dans le volume d’écoute de cette scénographie, qui n’a sans
doute pas d’équivalent dans l’expérience de cette musique, et la fait
entendre comme Ravel ou Schönberg ». Jean-Pierre Oudart.
Samedi 16 novembreCinémathèque 14h30 Les chevaux de feu (Teni Zabytykh predkov) Serguei Paradjanov, 1965. URSS. 95 mn. V.O. géorgienne sous-titrée en français. Empreint de lyrisme,
liant intimement la musique aux images, Paradjanov transpose au cinéma
l’univers des légendes moldaves. Accordant les couleurs aux partitions,
il nous raconte l’histoire de Marika et Ivan, Roméo & Juliette goutzouls.
Amour impossible sur fond de haine extra familiale, Paradjanov filme
en douze chapitres la malédiction des hommes. Pour lui, un film doit
être comme un objet artisanal, aux facettes multiples reflétant le folklore,
les coutumes, le conscient et l’inconscient d’un peuple : ici les Goutzouls
des Carpates.
Cinémathèque 16h30 Hermeto Pascoal, l’allumé tropical Yves Billon, 52 mn. Accordéoniste, flutiste,
joueur de tuba ou de saxophone, tout ce qui vibre est propice à la musique
d’Hermeto Pascoal qui n’hésite pas non plus à s’emparer de matériel
de récuperation, tubes en plastique ou pièces de féraille, pour faire
de la musique, lorsqu’il n’enregistre pas en compagnie d’un troupeau
de cochons ! Pour Hermeto Pascoal, musique et vie quotidienne ne font
qu’une. Il vit donc en communauté avec ses musiciens et chaque journée
est l’occasion de découvrir de nouveaux alliages sonores qui constitueront
ce folklore inventé de toutes pièces par le maître et ses musiciens
à partir de vieilles racines nordestines.
Les fils de Benko Lucas Silva, Colombie. 52 mn. Ce film est consacré
à la culture africaine en Colombie, vue et racontée à travers le prisme
de la musique des « fils de Benko ». Film sur les musiques noires de
Colombie, les rythmes traditionnels nous renvoient au passé, aux ancêtres
et aux liens avec l’Afrique. La musique moderne jouée par les jeunes
nous ramène au présent, face à un pays pluri-ethnique et multiculturel
plein de contradictions.
Cinémathèque 18h30 Extrait marocain de Dick Annegarn, l’itinérant Laurent Barthélémy. Quinze minutes sur
Raïs Mohand, chanteur berbère atypique.
Nzra Ajdig, clip sur Raïs Mohand Dick Annegarn, France, 5 mn. «J’ai aperçu une
fleur». Chanson de Raïs Mohand racontant l’épicerie qu’il construit
au bled au Maroc avec l’argent qu’il a gagné à Paris au Bataclan.
Les maîtres du balafon : la joie de la
jeunesse Hugo Zemp, 2002. Côte d’Ivoire. 70 mn. Aux amateurs de percussions
africaines. Ce film tourné par Hugo Zemp, grand ethnomusicologue, n’est
pas un film scientifique sur le balafon. Il prend l’instrument à la
source, personnage qui fait parti intégrante de la vie des Sénoufo de
Côte d’Ivoire où le balafon n’est plus seulement un instrument de musique,
mais un acteur qui cumule les casquettes. Il peut tout aussi bien rythmer
les travaux agricoles qu’adopter le sacré pour les messes et les cérémonies
initiatiques, ou encore donner le la des festivités lors des rassemblements
de jeunes. Alors le balafon n’est plus seulement cet instrument étonnant
aux sons magiques, il est un art et une culture.
Cinémathèque 20h30
La vie peu ordinaire de Doña Linhares (Eu tu eles) Andrucha Waddington, 2000. Brésil. 104
mn. V.O. sous-titrée en français. Inspiré d’un fait
divers brésilien, ce film drôle et vif, met en scène l’histoire de cette
Doña, généreuse en amour, qui vit en harmonie dans une ferme du Sertao
avec ses trois maris. Le bonheur est dans le champ de cannes à sucre,
il suffit de le ramasser. C’est peut-être la leçon que l’on peut tirer
de ce vaudeville accompagné par les airs de musique sertao et celle,
envoûtante, de Gilberto Gil sur qui Waddington avait tourné auparavant
un documentaire biographique.
Bar La Soule
22h30 Trikitixa Ustaritz : Juli eta Mattu Euskal musika eta dantzak Rencontre Euskadi-Òc organisée par Brancaléone
Dimanche 17 novembreCinémathèque 14h30 Nordeste au Sud-Ouest Martin Ducros, 2002. France. 13 mn. Sous-titrage français. La rencontre et le
travail commun du groupe brésilien Hélèno Dos Oito Baixos & Farra
et Forro, accueilli par l’association Escambiar durant les mois d’avril
et mai 2002, avec des musiciens du sud-ouest, au cours de concerts,
de bals et d’ateliers musicaux.
Sounder Martin Ritt, 1972. États-Unis. 105 mn. V.O. sous-titrée en français. Grand succès en son
temps aux États-Unis, Sounder est une sorte de chronique de la vie des
ouvriers agricoles noirs, en Louisiane, pendant les années 30. En se
défendant de forcer le trait, Martin Ritt filme avec sobriété la vie
d’une famille telle qu’à l’époque elle pouvait être, prisonnière des
préjugés, blancs et noirs. Tourné autour d’une cabane familiale authentique,
accompagné par la musique de Taj Mahal, et interprété d’une manière
remarquable, ce film est l’histoire d’une prise de conscience. L’humanisme
contre la misère. (sous réserve – peut
être remplacé par O’Brother)
Cinémathèque 16h30 Les chants des pêcheurs de perles Georges Luneau, 1995. France. 26 mn. Document sur les
chants et musiques qui ponctuent les différentes phases de la pêche
aux huîtres perlières à Bahreïn dans le Golfe Arabo-Persique, tradition
perlière du Moyen Orient menacé par les cultures de perles japonaises.
Qui chante là-bas ? (Ko to tamo peva) Slobodan
Sijan, 1980. Yougoslavie. 90
mn. V.O. sous-titrée en français. Qui chante là-bas
? est en quelque sorte un huis clos en vadrouille dans la Yougoslavie
de 1941 au bord de l’invasion nazie. Roulant de la campagne vers Belgrade,
à destination de l’allégorie, l’action suit le sillage d’un bus qui
dans l’épais nuage de fumée qu’il dégage tente de semer le réalisme
pour s’aventurer sur les routes sans marquage au sol de la fantaisie.
Et si ce bus n’est pas un Ford, il va néanmoins de sa chevauchée fantastique
dans la reconstitution d’un microcosme allant du jeune couple, en passant
par le bellâtre de guinguette, le bourgeois réac, le phtisique, le paysan
gabelou, le tout sous la voix de deux tziganes ignorés qui ponctuent
le récit de leurs mélopées comme un chœur antique.
Le Fil à Plomb 18h30 Bashir et (conte de Farid Oukala) Rencontre musicale avec la communauté berbère avec entre autres Rachid Azarif et Friends |